Le
thème de la mondialisation, récurrent dans les débats en
tous genres, soulève de nombreuses interrogations pour lesquelles l'habitat
n'est pas exclu. Le Réseau Habitat et Francophonie (RHF) a souhaité
se pencher sur cette question difficile des conséquences que la mondialisation
peut avoir sur les politiques de développement d'une offre de logements
à prix abordable. La 33ème conférence de RHF s'est déroulée
à Rennes du 12 au 16 novembre et a réuni des professionnels de l'habitat
social (aménageurs, opérateurs, financeurs, gestionnaires), provenant
d'une dizaine de pays francophones (Belgique, Cameroun, Canada, Congo, France,
Gabon, Maroc, Mauritanie, Sénégal, Tunisie).
Le
20ème siècle est certainement le siècle de l'urbanisation
rapide et massive avec notamment l'apparition de mégalopoles favorisant
l'expansion de bidonvilles. La ville est productrice d'inégalités,
d'exclusions et de ségrégation. Or, le premier constat réalisé
lors de ces échanges est le déséquilibre entre l'offre et
la demande de logements qui se fait toujours plus durement ressentir et ceci,
à l'échelle mondiale. Les règles de fonctionnement des marchés
ne sont plus celles des décideurs locaux ou nationaux mais sont celles
des marchés internationaux.
Laisser
faire le marché en supposant que le secteur du logement ne doit pas relever
d'une exception et ne doit pas faire l'objet de financement particulier, signifie,
de manière concrète, la croissance inévitable des inégalités
entre les différentes familles pour l'accès au logement. Il y a
celles qui pourront obtenir un logement décent répondant aux normes
d'habitabilité, logement également voulu et choisi, ceci grâce
à des revenus conséquents et les autres, démunies, qui seront
définitivement exclues du marché.
Si
les municipalités peuvent répondre présentes en portant un
certain nombre de projets pour améliorer la qualité de vie de leurs
habitants et construire des logements à prix abordable, leurs moyens s'en
trouvent indubitablement limités sans une stratégie de financement
du logement à une échelle plus large. Les Etats ne peuvent donc
pas se désengager sur cette question du logement au risque de laisser croître
un certain nombre de dysfonctionnements au sein des villes, inégalités,
exclusions, voire violences urbaines.
La
mondialisation n'est pas à craindre en tant que telle, et sans vouloir
la définir comme inéluctable, elle est en tous les cas un fait.
Or, les acteurs qui la supportent, ne comptent pas parmi les plus fervents défenseurs
du droit au logement. Ainsi, dans la lignée des travaux précédents,
les professionnels de l'habitat social, membres de RHF inscrivent leur volonté
de soutenir à l'échelle mondiale un droit au logement pour tous
mais aussi plus largement, un droit à la ville pour tous.
Contact
presse :
Solveig Rakotomalala
01 40 75 50 83
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